« Lorenzaccio », Scène 4   

Scène 4

Une auberge.Entrent Pierre strozzi et un messager.

PIERRE — Ce sont ses propres paroles?

LE MESSAGER — Oui, Excellence ; les paroles du roi lui-même.

PIERRE — C’est bon. (Le messager sort.) Le roi de France protégeant la liberté de l’Italie, c’est justement comme un voleur protégeant contre un autre voleur une jolie femme en voyage. il la défend jusqu’à ce qu’il la viole. Quoi qu’il en soit, une route s’ouvre devant moi, sur laquelle il y a plus de bons grains que de poussière. Maudit soit ce Lorenzaccio ; qui s’avise de devenir quelque chose ! Ma vengeance m’a glissé entre les doigts comme un oiseau effarouché ; je ne puis plus rien imaginer ici, qui soit digne de moi. Allons faire une attaque vigoureuse au bourg, et puis laissons là ces femmelettes qui ne pensent qu’au nom de mon père, et qui me toisent toute la journée pour chercher par où je lui ressemble. Je suis né pour autre chose que pour faire un chef de bandits. (il sort)