« Les deux nigauds », La fuite   

La fuite

Le lendemain de bonne heure, Coz fut éveillé par trois légers coups frappés à sa porte. Il se leva, passa ses habits, entrouvrit la porte et vit avec surprise Prudence qui lui faisait signe de la suivre.

Il voulut parler, elle lui fit signe de garder le silence. Surpris de ce mystère, Coz la suivit sans bruit jusque dans la chambre où était Simplicie tout habillée, défigurée par les soufflets que lui avait donnés sa tante, et surtout par les larmes qu’elle n’avait cessé de répandre depuis la veille. Prudence, pâle et défaite, avait passé la nuit à la plaindre, à la consoler ; elle avait enfin consenti à quitter avec Simplicie la maison détestée de la tante Bonbeck et à chercher un refuge chez Mme de Roubier, en qualité de voisine de campagne. Il leur fallait l’aide de Coz pour descendre leur malle, avoir une voiture et les mener chez Mme de Roubier. Prudence avait fait la malle pendant la nuit, car Simplicie, terrifiée par la violence de sa tante, ne voulait pas la revoir, et il fallait être parties avant huit heures pour l’éviter à son réveil.

« Mon bon Coz, dit Prudence à voix basse, vous voyez l’état dans lequel Mme Bonbeck a mis ma pauvre jeune maîtresse ; elle veut s’en aller, je veux l’emmener ; il faut que vous nous aidiez. Allez nous chercher une voiture, descendez-nous notre malle et venez avec nous chez Mme de Roubier. J’ai peur qu’on ne veuille pas nous y garder ; alors que deviendrons-nous dans ce maudit Paris, seules, abandonnées ? Ayez pitié de nous, mon bon Coz, aidez-nous à partir d’ici et ne nous abandonnez pas.

– Pauvre Madame Prude ! pauvre Mam’selle ! répondit Coz attendri. Moi tout faire, aider à tout, moi aller partout, vous mettre bien. Ordonnez à pauvre Coz ; moi pas mauvais comme Bonbeck, faire tout pour servir, pas abandonner bonne Mme Prude et pauvre Mam’selle.

– Merci, mon bon Coz ! c’est le bon Dieu qui vous a envoyé à nous. Allez vite, mon ami, chercher une voiture. »

Coz partit comme une flèche ; avant de chercher la voiture, il fit à la hâte un bout de toilette, un petit paquet de ses effets, courut arrêter un fiacre et revint sans bruit prévenir Prudence que la voiture attendait à la porte.

« Emportons la malle à nous deux, dit Prudence.

– Moi porter seul, Madame Prude ; malle lourd pour vous, léger pour moi. »

Et, chargeant la malle sur ses robustes épaules, il descendit lestement les cinq étages de Mme Bonbeck, suivi par Prudence et Simplicie. La peur d’être aperçues et arrêtées par Mme Bonbeck leur donnait des ailes ; leur terreur ne se dissipa que lorsqu’elles furent établies dans le fiacre, Coz sur le siège, la malle sur l’impériale.

Quand ils arrivèrent chez Mme de Roubier, il était huit heures. Le concierge, surpris de les voir de si bon matin, plus surpris encore de les voir décharger une malle et renvoyer la voiture, et reconnaissant le Polonais roux qui avait eu une scène violente avec un cocher quinze jours auparavant, hésitait à les recevoir.

« Mme de Roubier ne reçoit pas si matin, Madame et Mademoiselle. Ayez la bonté de revenir plus tard et de me débarrasser de cette malle dont je ne sais que faire. »

Prudence. – Et où voulez-vous que nous allions ? Où puis-je loger en sûreté ma jeune maîtresse, si Mme de Roubier ne la reçoit pas ?

Le concierge. – Mais, Madame, cela ne me regarde pas ; je suis chargé de garder la porte, de ne pas laisser entrer avant l’heure convenable ; je ne peux pas faire de la cour un dépôt de malles et d’effets.

Prudence. – Mon Dieu ! mon Dieu ! Ma pauvre petite maîtresse ! Moi, cela m’est bien égal, mais pour elle, pauvre enfant, je vous supplie de nous laisser entrer ou attendre chez vous les ordres de Mme de Roubier, qui connaît bien Mademoiselle et ses parents, puisque notre demeure est à une lieue de son château.

Le concierge était bon homme, il se trouva plus embarrassé encore ; il regardait d’un air indécis Prudence, dont le chagrin l’attendrissait, Simplicie, dont le visage gonflé et marbré de plaques rouges lui faisait compassion, et Coz, dont l’air décidé et la figure rousse lui inspiraient de la méfiance.

« Entrez, Madame, avec votre petite, dit-il enfin ; Monsieur attendra en bas. »

Coz ne dit rien et s’appuya, les bras croisés, contre le mur. Prudence lui fit signe d’y rester et entra dans l’hôtel avec Simplicie. La porte était ouverte, elles se dirigèrent vers la chambre de Claire et de Marthe et entrèrent sans frapper. Claire se coiffait, Marthe s’habillait. Mme de Roubier était chez ses filles. Toutes trois poussèrent une exclamation de surprise.

Madame de Roubier. – Qu’est-ce que c’est ? Que vous est-il arrivé ? Pourquoi Simplicie a-t-elle le visage enflé et rouge ? Pourquoi venez-vous de si bonne heure ?

Simplicie. – C’est ma tante qui m’a battue hier soir quand je suis rentrée ; elle a battu aussi Prudence ; je ne veux plus rester chez elle, elle est trop méchante, elle me rend trop malheureuse.

Madame de Roubier. – Mais pourquoi, ma pauvre enfant, au lieu de venir ici, ne retournez-vous pas à Gargilier chez vos parents ?

Simplicie, embarrassée, ne répondit pas ; Prudence prit la parole :

« Mam’selle ne peut pas y retourner sans la permission de Monsieur et de Madame, parce que, voyez-vous, Madame, ils sont en colère contre Mam’selle et son frère, qui ont tant pleuré, tant tourmenté Monsieur et Madame pour venir à Paris, que la moutarde a monté au nez de Monsieur ; il m’a appelée et m’a dit :

– Prudence, tu as vu naître mes enfants, tu leur es dévouée ; veux-tu les suivre à Paris ?

– Oh ! Monsieur, que je lui dis, j’irai partout où Monsieur voudra ; avec lui et Madame, je ne crains pas Paris.

– C’est sans nous qu’il faut y aller, ma pauvre Prudence, qu’il me dit : tu les mèneras seule à Paris.

– Hélas ! Monsieur, que je lui réponds, j’aurais trop peur qu’il n’arrivât malheur à mes jeunes maîtres ; moi qui ne connais rien de cette grande caverne, je risquerais de m’y perdre.

– Sois tranquille, je te donnerai une lettre pour ma sœur Mme Bonbeck ; elle est bonne femme, quoique un peu vive ; elle n’a pas quitté Paris et elle ne m’a pas vu depuis quinze ans que je suis marié, mais elle n’aime et je suis sûr que vous y serez bien.

J’ai dit oui, comme c’était mon devoir de le dire ; Monsieur me donna des instructions, de l’argent plein deux bourses, et me défendit de ramener les enfants s’ils s’ennuyaient de Paris et demandaient à revenir.

– Je veux, dit-il, leur donner une leçon ; je sais qu’ils y seront ennuyés et malheureux ; mais ils le méritent par leur déraison et leur manque de tendresse et de reconnaissance pour moi et pour leur mère. Je veux qu’ils passent l’année à Paris, et qu’ils ne reviennent qu’aux vacances.

Madame pense bien que je ne puis enfreindre les ordres de Monsieur et ramener Mam’selle au bout d’un mois, laissant M. Innocent dans son collège de bandits et d’assassins, sans personne pour l’en tirer les dimanches et fêtes. »

Madame de Roubier. – Mais que voulez-vous que je fasse, ma pauvre femme ? Je ne peux pas vous garder chez moi ; je n’ai pas de quoi vous loger.

Prudence. – Que madame veuille bien nous garder seulement la journée, et nous placer quelque part où Mam’selle soit en sûreté jusqu’à ce que j’aie la réponse de Monsieur.

Madame de Roubier. – Je vais tâcher de vous caser dans une chambre quelconque en attendant que vous ayez un logement convenable. Quant à vous garder chez moi, en compagnie de mes enfants, je vous dirai franchement que je ne le veux pas ; Simplicie est trop mal élevée, trop vaniteuse, trop égoïste et trop volontaire, pour que j’en fasse la compagne de mes filles, de Sophie, ma fille d’adoption, et de Marguerite, la sœur adoptive de mes filles. Venez avec moi, je vais voir à vous établir quelque part.

Mme de Roubier sortit, suivie de Prudence consternée des paroles de Mme de Roubier, et de Simplicie profondément humiliée de ces reproches si mérités. Mme de Roubier appela un valet de chambre, donna des ordres, et, après une courte attente, Prudence et Simplicie furent menées dans un petit appartement de deux pièces précédées d’une antichambre et d’une cuisine, habité ordinairement par une femme de charge et qui se trouvait vacant en ce moment.

« Mme de Roubier est bien impertinente, » dit Simplicie avec humeur quand elles furent seules.

Prudence. – Écoutez, Mam’selle, elle a dit vrai, voyez-vous. Je serais elle que je dirais comme elle.

Simplicie. – Ah ! c’est ainsi que tu m’aimes et que tu me protèges, comme papa t’a dit de le faire ?

Prudence. – Pour vous aimer, Mam’selle, Dieu m’est témoin que je vous aime de tout mon cœur ; pour vous protéger, je me ferais hacher en morceaux pour vous garantir d’un malheur. Mais ça n’empêche pas que je voie clair et que je trouve comme d’autres que vous ne vous êtes pas comportée gentiment avec votre papa et votre maman. Parce que le fromage sent mauvais, ça n’empêche pas de l’aimer et de le manger avec plaisir. Parce que les gens ont des défauts, ce n’est pas une raison pour qu’on ne les aime pas et qu’on ne se dévoue pas à eux.

– Je te remercie de la comparaison, dit Simplicie piquée et humiliée ; me comparer à un fromage puant, c’est trop en vérité !

Prudence. – Oh ! Mam’selle, je n’ai pas dit que vous étiez un fromage ; j’ai seulement dit...

Simplicie. – Tu as dit des choses ridicules et méchantes, et je te prie de te taire ; je ne veux plus t’écouter et je ne veux plus que tu me parles.

– Comme Mam’selle voudra, dit Prudence en soupirant et en essuyant une larme qui roulait le long de sa joue.

Un domestique ne tarda pas à apporter le déjeuner de ces dames ; c’était du café au lait avec des rôties de pain et de beurre. Simplicie mangea comme un requin, malgré son chagrin et son irritation, et Prudence, malgré son inquiétude et sa tristesse, prit sa large part du déjeuner. Quand le domestique avait apporté le plateau, elle lui avait demandé de s’occuper du pauvre Coz et de le leur envoyer avec la malle quand il aurait déjeuné. Elles avaient à peine fini que Coz entra d’un air inquiet.

« Madame Prude, moi où demeurer ? Moi vouloir garder vous et Mam’selle. Domestique me dire :

– Grand Polonais, pas entrer ; Polonais roux, pas rester. Pas connaître Polonais ; pas aimer Polonais.

Madame Prude sait, moi pas méchant, moi bon, moi rendre service, moi aimer Madame Prude très bonne, Mam’selle triste et petite. Moi veux rester pour garder et servir Madame Prude et Mam’selle. »

Simplicie. – Oh ! oui, Coz, restez avec nous ; vous nous serez très utile.

Prudence. – Mais que dira Mme Bonbeck ? Elle sera en colère contre Coz et contre nous.

Simplicie. – Je me moque bien de ma tante, à présent que je ne suis plus chez elle ; je ne la reverrai de ma vie.

Cozrgbrlewski. – Bonbeck peut pas colère. Pourquoi colère ? Moi pas esclave à Bonbeck ? Moi aimer plus Madame Prude et Mam’selle, et moi partir.

Prudence. – Eh bien ! mon brave Coz, montez-nous la malle qui est restée dans la cour. Vous pourrez rester avec nous ; vous coucherez dans l’antichambre ; vous nous aiderez à faire notre ménage ; l’argent ne me manque pas ; nous mangerons chez nous et nous ne gênerons personne.

Coz, enchanté, ne fit qu’un saut dans la cour et monta la malle. La femme de chambre de Mme de Roubier vint apporter des draps et ce qui était nécessaire pour habiter l’appartement ; elle leur dit, de la part de sa maîtresse, qu’elles pouvaient y rester jusqu’au retour de la femme de charge, qui était dans son pays pour un mois encore, mais qu’elle leur demandait de se mettre à leur ménage.

« Vous trouverez tout ce qui est nécessaire pour la cuisine et votre ménage ; la femme de charge y vit avec ses deux filles : elles faisaient leur cuisine elles-mêmes. Je vous trouverai une fille de cuisine qui fera votre affaire.

– Merci bien, Madame, répondit Prudence, je n’ai besoin de personne ; voici M. Coz qui veut bien nous aider ; je le ferai coucher dans l’antichambre, et il nous achètera ce qui nous est nécessaire.

– Si vous avez besoin de quelque chose, Mademoiselle, j’espère bien que vous ne vous gênerez pas pour le demander soit à moi, soit à la cuisine.

– Vous êtes bien honnête, Madame ; je profiterai de votre permission si j’en ai besoin, mais j’espère n’avoir à déranger personne. »

La femme de chambre se retira ; Prudence déballa et rangea, pendant que Simplicie boudait, assise dans un fauteuil, et que Coz courait au marché pour avoir de quoi déjeuner et dîner. Quand il apporta ses provisions, Prudence les examina avec satisfaction, plaça le vin dans un endroit frais, le charbon et le bois dans un réduit destiné à cet usage, les provisions de bouche dans un garde-manger attenant à la cuisine ; Coz lui fut d’un grand secours ; Simplicie finit par se dérider et par aider aussi non seulement à l’arrangement général, mais encore aux préparatifs du déjeuner ; elle voulut mettre le couvert pour trois, mais Prudence s’y opposa.

« Non, Mam’selle, les maîtres ne mangent pas avec les serviteurs ; Coz et moi, nous vous servirons, et nous déjeunerons ensuite dans l’antichambre. »

En effet, quand le déjeuner fut prêt, Simplicie se mit à table ; Prudence lui apporta une omelette, deux côtelettes et une tasse de café au lait avec une brioche. Simplicie mangea avec appétit et trouva le service très bien fait. Coz y mettait toute son intelligence et sa bonne volonté ; Prudence y avait mis tout son amour-propre et son amour pour sa jeune maîtresse.

Après le repas, quand la table fut desservie et pendant que Prudence et Coz mangeaient à leur tour, Simplicie, restée seule, sans livres, sans occupations, réfléchit beaucoup et profita de ses réflexions ; elle commença à être touchée du dévouement de Prudence, qui ne trouvait même pas sa récompense dans l’amitié et les bonnes paroles de Simplicie ; toujours Simplicie la rudoyait et jamais elle ne lui témoignait la moindre reconnaissance, la moindre affection. La pauvre Prudence, comme un chien fidèle, supportait tout, ne se plaignait de rien, ne demandait ni récompense, ni merci, et croyait n’accomplir qu’un devoir rigoureux là où elle donnait des preuves du plus humble dévouement et de la plus vive affection. Les reproches de Mme de Roubier revinrent à la mémoire de Simplicie ; son orgueil, d’abord révolté, fut obligé de reconnaître la vérité de ses accusations ; elle rougit à la pensée du peu d’estime qu’elle inspirait ; elle regretta d’être reléguée seule dans un coin de l’hôtel, au lieu de s’amuser avec ces charmantes petites filles, si aimables, si bonnes, si aimées. Elle n’était pas encore changée, mais elle commençait à reconnaître qu’il y avait à changer en elle et à rougir de ses défauts. Elle eut le temps de réfléchir, de rougir et de soupirer, car, après le repas, Prudence et Coz rangèrent l’appartement, puis lavèrent et essuyèrent la vaisselle et les casseroles.

Il était deux heures quand ils eurent fini leur ouvrage ; on frappa à la porte.

« Entrez ! » cria Prudence.

C’était Mme de Roubier, avec Claire et Marthe, qui venait savoir des nouvelles de Simplicie, voir si elle ne manquait de rien et si elle ne désirait pas quelques livres.

Prudence ouvrit la porte ; Simplicie, étendue dans un fauteuil, s’y était profondément endormie ; elle n’entendit pas entrer ces dames, qui examinèrent avec curiosité et pitié les marques des soufflets de sa tante.

« Comment cette tante a-t-elle pu se porter à de tels actes de colère, demanda Mme de Roubier, et pourquoi vous a-t-elle ainsi battues toutes deux ? »

Prudence raconta à Mme de Roubier la scène qu’elles avaient subie en rentrant de chez elle la veille au soir.

« Pourquoi ? c’est ce que je ne puis dire à Madame. J’ai bien vu à quelques paroles qui lui échappaient, qu’elle aurait voulu venir avec Mam’selle chez Madame ; mais comme elle n’en avait rien dit avant notre départ, ni Mam’selle ni moi nous n’étions pas plus coupables que l’enfant qui vient de naître. Madame juge que Mam’selle, qui n’a pas l’habitude d’être battue, a été impressionnée à croire qu’elle allait mourir ; la pauvre enfant a passé la nuit à pleurer et à trembler. Moi-même, qui n’étais pas plus contente qu’elle, je ne trouvais rien pour la consoler, sinon quand je lui ai proposé de nous sauver de grand matin. Ça l’a un peu remontée ; et puis nous avons résolu de demander refuge à Madame, ne connaissant personne dans Paris. Ville de malheur, nous n’y avons eu que de l’ennui ! Madame me croira si elle veut, mais je considère le temps que j’y ai passé comme un temps de galères. J’espère bien que Monsieur me permettra de lui ramener Mam’selle et M. Innocent, qui n’est guère plus heureux dans sa pension. Le voilà bien avancé avec son uniforme qui lui bat les talons ; joli respect qu’on lui porte ! En voilà encore une idée ! »

Simplicie dormait toujours ; elle rêvait, elle gémissait, se tordait les mains ; des larmes coulèrent de ses yeux et roulèrent lentement sur ses joues gonflées. Claire et Marthe eurent pitié d’elle.

« Maman, quand elle s’éveillera, elle pourra venir chez nous, n’est-ce pas ? Voyez comme elle a l’air malheureux, comme elle gémit.

– En rêve, mon enfant, en rêve. Il est probable qu’au réveil, elle se retrouvera dans son état accoutumé.

– Mais nous pourrons venir la voir pour la désennuyer ?

– Oui, nous reviendrons après notre promenade ; en attendant, laissez-lui les livres que nous lui avions apportés. »

Mme de Roubier sortit ses filles, laissant Simplicie toujours endormie.