« Le bossu », Une place vide   

Une place vide

M. de Peyrolles, représentant peu accrédité du maître de céans, voyait son autorité complètement méconnue.

Chaverny et deux ou trois autres lui avaient déjà demandé des nouvelles de son oreille. Il était désormais impuissant à réprimer le tumulte. De l'autre côté de la porte, Aurore, plus morte que vive, regrettait amèrement d'avoir quitté sa retraite. Dona Cruz riait, l'espiègle et l'intrépide. Il eût fallu pour l'effrayer bien autre chose que cela ! Elle souffla les bougies qui éclairaient le boudoir, non point pour elle mais pour que, du salon, personne ne pût voir sa compagne.

– Regarde ! dit-elle en montrant le trou de la serrure.

Mais l'humeur curieuse d'Aurore était passée.

– Allez-vous nous laisser longtemps pour cette demoiselle ? demanda Cidalise.

– Voilà qui en vaut la peine ! ajouta la Desbois.

– Elles sont jalouses, les marquises, pensa tout haut dona Cruz.

Aurore avait l'oeil à la serrure.

– Cela, des marquises ! fit-elle avec doute.

Dona Cruz haussa les épaules d'un air capable et dit : – Tu ne connais pas la cour.

– Dona Cruz ! dona Cruz ! nous voulons dona Cruz ! criait-on dans le salon.

La gitana eut un naïf et orgueilleux sourire.

– Ils me veulent ! murmura-t-elle.

On secoua la porte, Aurore se recula vivement. Dona Cruz mit l'oeil à la serrure à son tour.

– Oh ! oh ! oh ! s'écria-t-elle en éclatant de rire, quelle bonne figure a ce pauvre Peyrolles !

– La porte résiste, dit Navailles.

– J'ai entendu parler, ajouta Nocé.

– Un levier ! une pince !

– Pourquoi pas du canon ? demanda la Nivelle en s'éveillant à demi.

Oriol se pâma.

– J'ai mieux que cela ! s'écria Chaverny, une sérénade !

– Avec les verres, les couteaux, les bouteilles et les assiettes, enchérit Oriol en regardant sa Nivelle.

Celle-ci sommeillait de nouveau.

– Il est charmant, ce petit marquis, murmura dona Cruz.

– Lequel est-ce ? demanda Aurore en se rapprochant de la porte.

– Mais je ne vois plus le bossu, dit la gitana au lieu de répondre.

– Y êtes-vous ? criait en ce moment Chaverny.

Aurore qui avait maintenant l'oeil à la serrure, faisait tous ses efforts pour reconnaître son galant de la calle Réal à Madrid.

La confusion était si grande dans le salon, qu'elle n'y pouvait parvenir.

– Lequel est-ce ? répéta-t-elle.

– Le plus ivre de tous, répliqua cette fois dona Cruz.

– Nous y sommes ! nous y sommes ! gronda le chœur des exécutants.

Ils s'étaient levés presque tous, les dames aussi. Chacun tenait à la main son instrument d'accompagnement.

Cidalise avait un réchaud sur lequel la Desbois frappait.

C'était, avant même qu'eût commencé le chant, un charivari épouvantable.

Peyrolles, ayant essayé une observation timide, fut saisi par Navailles et Gironne et provisoirement accroché à un portemanteau.

– Qui est-ce qui chante ?

– Chaverny ! Chaverny ! c'est Chaverny qui chante ! Et le petit marquis, poussé de main en main, fut lancé contre la porte. Aurore le reconnut en ce moment, et se rejeta violemment en arrière.

– Bah ! fit dona Cruz, parce qu'il est un peu gris ! C'est là la mode de la cour. Il est charmant.

Chaverny réclama le silence d'un geste aviné. On se tut.

– Mesdemoiselles et messieurs, dit-il, je tiens avant tout à vous expliquer ma position.

Il y eut une tempête de huées.

– Pas de discours ! chante ou tais-toi.

– Ma position est simple, bien qu'au premier abord elle puisse sembler…

– A bas Chaverny ! Un gage ! Accrochons Chaverny auprès de Peyrolles !

– Pourquoi veux-je vous expliquer ma position ? reprenait le petit marquis avec l'imperturbable ténacité de l'ivresse; c'est que la morale…

– A bas la morale !

– C'est que les circonstances…

– A bas les circonstances ! Cidalise, la Desbois et la Fleury étaient comme trois louves autour de lui. Nivelle dormait.

– Si tu ne veux pas chanter, s'écria Navailles, déclame-nous des vers de tragédie.

Il y eut de violentes protestations.

– Si tu chantes, reprit Nocé, on te laissera expliquer ta position.

– Le jurez-vous ? demanda Chaverny sérieusement.

Chacun prit la pose d'un Horace à la scène du serment.

– Nous le jurons ! nous le jurons !

– Alors, dit Chaverny, laissez-moi expliquer ma position auparavant.

Dona Cruz se tenait les côtes. Mais les gens du salon se fâchaient.

On parlait de pendre Chaverny par les pieds en dehors de la fenêtre.

Le XVIIIe siècle aussi avait de bien agréables plaisanteries.

– Ça ne sera pas long, continuait le petit marquis. Au fond, ma position est bien claire. Je ne connais pas ma femme; ainsi je ne peux pas la détester. J'aime les femmes en général, c'est donc un mariage d'inclination.

Vingt voix, éclatant comme un tonnerre, se mirent à hurler : – Chante ! chante ! chante ! Chaverny prit une assiette et un couteau des mains de Taranne.

– Ce sont des petits vers, dit-il, composés par un jeune homme.

– Chante ! chante ! chante !

– Ce sont de simples couplets; attention au refrain ! Il chanta en s'accompagnant sobrement sur son assiette.

Qu'une dame Ait deux maris, On la blâme, Et moi, j'en ris;

Mais un mâle bigame. A mon sens, est infâme; Car, aujourd'hui, la femme Est hors de prix A Paris !

– Pas trop mal ! pas trop mal ! fit la galerie.

– Oriol connaît le cours du jour !

– Au refrain ! au refrain !

Mais un mâle bigame. A mon sens, est infâme; Car, aujourd'hui, la femme Est hors de prix A Paris !

– Qui est-ce qui me donne à boire ? dit Nivelle en sursaut.

– Comment trouvez-vous cela, charmante ? demanda Oriol.

– C'est bête comme tout !

– Bravo ! Bravo !

– Mais n'aie donc pas peur ! disait à la pauvre Aurore dona Cruz, qui la tenait embrassée.

– Le second couplet ! Courage, Chaverny ! Il continua : A la banque Du bon régent, Rien ne manque, Sinon l'argent.

A cet irrévérencieux début, Peyrolles fit un haut-le-corps si désespéré, qu'il se décrocha lui-même et tomba à plat ventre.

– Messieurs ! messieurs ! au nom de M. le prince de Gonzague !… fit-il en se relevant.

Mais on ne l'entendait pas.

– C'est faux ! criaient les uns.

– C'est vrai ! clamaient les autres.

– M. de Law a tous les trésors du Pérou dans sa cave !

– Pas de politique !

– Si fait !

– Non pas !

– Vive Chaverny !

– A bas Chaverny !

– Bâillonnez-le !

– Empaillez-le ! Et ces dames cassaient fanatiquement les assiettes et les verres.

– Chaverny, viens m'embrasser ! cria Nivelle.

– Par exemple ! protesta le gros petit traitant.

– Il fait la hausse pour nous, grommela Nivelle en refermant les yeux; il est gentil, ce petit marquis. Il a dit que la femme est hors de prix à Paris : ce n'est pas encore assez cher. Les hommes sont des métairies. Tant que je vois un homme garder une pistole au fond de son sac, moi, ça m'énerve ! Dans le boudoir, Aurore, le visage caché derrière ses deux mains, disait d'une voix altérée !

– J'ai froid, j'ai froid jusqu'au fond de l'âme. L'idée qu'on veut me livrer à un pareil homme…

– Bah ! dit dona Cruz, je me chargerais bien, moi, de le rendre doux comme un agneau. Tu ne le trouves donc pas bien gentil ?

– Viens ! emmène-moi ! Je veux passer le reste de la nuit en prières.

Elle chancelait. Dona Cruz la soutint dans ses bras. La gitana était le meilleur petit cœur qui fût au monde; mais elle ne partageait point du tout les répulsions de sa compagne. C'était bien là le Paris qu'elle avait rêvé.

– Viens donc ! dit-elle pendant que Chaverny, profitant d'une courte échappée de silence, demandait avec larmes qu'on lui permît d'expliquer sa position. En descendant l'escalier, dona Cruz dit : – Petite sœur, gagnons du temps; fais semblant d'obéir, crois moi. Plutôt que de te laisser dans l'embarras, je l'épouserais, moi, ce Chaverny !

– Tu ferais cela pour moi ? s'écria Aurore dans un élan de naïve gratitude.

– Mon Dieu ! oui. Allons, prie, puisque cela te console, Dès que je pourrai m'échapper, je viendrai te revoir.

Elle remonta l'escalier, le pied leste, le cœur léger et brandissant déjà son verre de champagne.

– Certes, murmurait-elle, pour l'obliger… avec ce Chaverny on passerait sa vie à rire.

Quoi de mieux ? En arrivant à la porte du boudoir, elle s'arrêta pour écouter. Chaverny disait d'un accent indigné : – M'avez-vous promis, oui ou non, que je pourrais vous expliquer ma position ?

– Jamais ! Chaverny abuse de la nôtre ! à la porte, Chaverny !

– Décidément, messieurs, fit Navailles, il faut donner assaut, la petite se moque de nous ! Dona Cruz saisit ce moment pour ouvrir la porte.

Elle parut sur le seuil, souriante et gaie, levant son verre au-dessus de sa tête.

Il y eut un long et bruyant applaudissement.

– Allons donc, messieurs, dit-elle en tendant son verre vide, un peu d'entrain ! Est-ce que vous croyez que vous faites du bruit ?

– Nous tâchons, fit Oriol.

– Vous êtes de pauvres tapageurs, reprit dona Cruz, qui vida son verre d'un trait; on ne vous entend pas seulement derrière cette porte !

– Est-ce vrai ? s'écrièrent nos roués humiliés.

Ils se croyaient de taille à empêcher Paris de dormir.

Chaverny contemplait dona Cruz avec admiration.

– Délicieuse ! murmura-t-il, adorable ! Oriol voulut répéter ces mots qui lui semblaient jolis; mais Nivelle se réveilla pour le pincer jusqu'au sang.

– Voulez-vous bien vous taire ! dit-elle.

Il essaya de s'esquiver; mais la fille du Mississipi le retint par la manche.

– A l'amende ! fit-elle, une bleue ! Oriol tira son portefeuille et donna une action toute neuve tandis que Nivelle chantonnait : Car, aujourd'hui, la femme est hors de prix A Paris !

Dona Cruz cependant cherchait des yeux le bossu. Son instinct lui disait que malgré ses rebuffades, cet homme était un secret allié. Mais elle n'avait là personne à qui adresser une question. Elle dit seulement, pour savoir si le bossu avait accompagné Gonzague : – Où est donc monseigneur ?

– Son carrosse est de retour, répondit Peyrolles, qui rentrait; monseigneur donne des ordres.

– Pour les violons, sans doute ? ajouta Cidalise.

– Allons-nous vraiment danser ? s'écria la gitana déjà rouge de plaisir.

La Desbois et la Fleury lui jetèrent un dédaigneux regard.

– J'ai vu un temps, dit sentencieusement Nivelle, où nous trouvions toujours quelque chose sous nos assiettes quand nous venions ici, Elle releva son assiette et reprit !

– Néant ! pas le moindre grain de millet ! Ah ! mes belles, la Régence baisse !

– La Régence vieillit ! appuya Cidalise.

– La Régence se fane ! Quand nous aurions eu chacune deux ou trois bleues au dessert, Gonzague en aurait-il été plus pauvre ?

– Qu'est-ce que des bleues ? demanda dona Cruz.

Que dire pour peindre la stupéfaction générale ? Figurez-vous, de nos jours, un souper à la Maison Dorée, un souper composé de rats et de tortoniens, et figurez-vous une de ces dames ignorant ce que c'est que le Crédit immobilier. C'est impossible. Eh bien, la candeur de dona Cruz était tout aussi invraisemblable.

Chaverny fouilla précipitamment dans sa poche, où était la dot, Il prit une douzaine d'actions qu'il mit dans la main de la gitana.

– Merci, fit-elle; M. de Gonzague vous les rendra.

Puis, éparpillant les actions devant Nivelle et les autres, elle ajouta avec une grâce charmante : – Mesdames, voilà votre dessert.

Ces dames prirent les actions, et déclarèrent que cette petite était détestable.

– Voyons, voyons, poursuivit dona Cruz, il ne faut pas que monseigneur nous trouve endormis. A la santé de M. le marquis de Chaverny ! Votre verre, marquis ! Celui-ci tendit son verre, et poussa un profond soupir.

– Prenez garde ! il va nous expliquer sa position.

– Pas à vous, répliqua Chaverny; je ne veux pour auditeur que la charmante dona Cruz. Vous n'êtes pas dignes de me comprendre !

– C'est pourtant bien simple, interrompit Nivelle; votre position est celle d'un homme gris.

Tout le monde éclata de rire. On crut que le gros petit Oriol allait étouffer.

– Morbleu ! fit le marquis en brisant son verre sur la table, y a-t-il ici quelqu'un d'assez hardi pour se moquer de moi ? dona Cruz, je ne plaisante pas : vous êtes ici comme une étoile du ciel égarée parmi les lampions ! Bruyante protestation de ces dames.

– C'est trop fort ! trop fort ! dit Oriol.

– Tais-toi, fit Chaverny; la comparaison ne peut blesser que les lampions. D'ailleurs, je ne vous parle pas, à vous autres. Je somme M. de Peyrolles d'arrêter vos indécentes vociférations, et j'ajoute qu'il ne m'a jamais plu qu'un instant en sa vie, c'est quand il était accroché au portemanteau, il faisait bien ! Il eut un attendrissement involontaire, et ajouta, les larmes aux yeux : – Ah ! il faisait très bien ! Mais, pour en revenir à ma position… s'interrompit-il en prenant les deux mains de dona Cruz.

– Je la sais sur le bout du doigt, monsieur le marquis, fit la gitana : vous épousez cette nuit une femme charmante.

– Charmante ? interrogea le chœur.

– Charmante, répéta dona Cruz, jeune, spirituelle, bonne, et n'ayant pas la moindre idée des bleues.

– Une épigramme ! fit Nivelle; cela se forme !

– Vous montez en chaise de poste, continua dona Cruz en s'adressant toujours à Chaverny; vous enlevez votre femme…

– Ah ! interrompit le petit marquis, si c'était vous, adorable enfant ! Dona Cruz lui emplit son verre jusqu'aux bords.

– Messieurs, dit Chaverny avant de boire, dona Cruz vient d'éclaircir ma position : je ne l'aurais pas mieux fait moi-même. Cette position est romanesque.

– Buvez-donc, fit la gitana en riant.

– Permettez, depuis longtemps déjà, je nourris une pensée.

– Voyons ! voyons la pensée de Chaverny ! Il se leva et prit une pose d'orateur.

– Messieurs, dit-il, voici plusieurs sièges vides, Celui-là appartient à mon cousin de Gonzague, celui-ci au bossu; ils ont été occupés tous deux, mais celui-là ?

Il montrait un fauteuil placé juste en face de celui de Gonzague, et dans lequel, en effet, depuis le commencement du souper, personne ne s'était assis.

– Voici la pensée que j'ai, poursuivit Chaverny : je veux que ce siège soit occupé, je veux qu'on y mette la mariée.

– C'est juste ! c'est juste ! cria-t-on de toutes parts; l'idée de Chaverny est raisonnable. La mariée ! la mariée ! Dona Cruz voulut saisir le bras du petit marquis; mais rien n'était capable de le distraire.

– Que diable ! grommela-t-il en se tenant à la table et la figure inondée de ses cheveux, je ne suis pas ivre, peut- être !

– Buvez et taisez-vous ! lui glissa dona Cruz à l'oreille.

– Je veux bien boire, astre divin; oui, Dieu m'est témoin que je veux bien boire, mais je ne veux pas me taire. Mon idée est juste, elle découle de ma position. Je demande la mariée : car, écoutez donc, vous autres…

– Écoutez ! écoutez ! Il est beau comme le Dieu de l'éloquence ! Ce fut Nivelle qui s'éveilla tout à fait pour dire cela. Chaverny frappa du poing la table, et continua en criant plus fort : – Je dis qu'il est absurde, absurde…

– Bravo, Chaverny ! Superbe, Chaverny !

– Absurde, je le dis, de laisser une place vide…

– Magnifique ! magnifique ! Bravo, Chaverny !

L'assistance entière applaudissait. Le petit marquis faisait des efforts extravagants pour suivre sa pensée.

– De laisser une place vide, acheva-t-il en se cramponnant à la nappe, si l'on n'attend pas quelqu'un, Au moment où une salve de bravos allait accueillir cette laborieuse conclusion, Gonzague apparut à la porte de la galerie et dit : – Aussi, cousin, attend-on quelqu'un.

 

Table des matières

Titre

Le petit parisien

Première partie - Les maîtres en fait d’armes

La Vallée de Louron

Cocardasse et Passepoil

Les trois Philippe

Le petit Parisien

La botte de Nevers

La fenêtre basse

Deux contre vingt

Les maîtres en fait d’armes

Deuxième partie - L’hôtel de Nevers

La maison d’or

Deux revenants

Les enchères

Largesses

Où est expliquée l’absence de Faënza et de Saldagne

Dona Cruz

Le prince de Gonzague

La veuve de Nevers

Le plaidoyer

J’y suis

Où le bossu se fait inviter au bal de la Cour

Troisième partie - Les Mémoires d’Aurore

La maison aux deux entrées

Souvenirs d’enfance

La gitana

Où Flor emploie un charme

Où Aurore s’occupe d’un petit marquis

En mettant le couvert

Maître Louis

Deux jeunes filles

Les trois souhaits

Deux dominos

Lagardère !

Première partie - Le Palais-Royal

Sous la tente

Entretien particulier

Un coup de lansquenet

Souvenirs des trois Philippe

Les dominos roses

La fille du Mississipi

La charmille

Autre tête-à-tête

Où finit la fête

Guet-apens

Deuxième partie - Le contrat de mariage

Encore la Maison d’Or

Un coup de Bourse sous la Régence

Caprice de bossu

Gascon et Normand

L’invitation

Le salon et le boudoir

Une place vide

Une pêche et un bouquet

Le neuvième coup

Triomphe du bossu

Fleurs d’Italie

La fascination

La signature du contrat

Troisième partie - Le témoignage du mort

La chambre à coucher du régent

Plaidoyer

Trois étages de cachots

Vieilles connaissances

Cœur de mère

Condamné à mort

Dernière entrevue

Anciens gentilshommes

Le mort parle

Amende honorable