« L'eau dépine », De Parlier ... et sa prose   

De Parlier ... et sa prose

    Hormis la grille en fer forgé qui remplaçait tout à la fois le pont-levis d'antan et le fossé rempli d'eau, rien n'avait changé au château de Vaubigny. Même les grands arbres du parc gardaient l'originalité du temps passé. Derrière les murs épais où, par endroits, s'accrochait un lierre tenace, on continuait à vivre comme à l'époque de Mathilde de Laon, cette belle dame du dix-huitième, renommée pour son mécénat.

    Le sol de l'entrée, au rez-de-chaussée, était recouvert de tapis persans. Sur les murs, une tapisserie de Sedan déroulait des scènes de chasse à courre aux couleurs encore vives. Dix sangliers momifiés surprenaient les visiteurs de leur fraîcheur impassible. En vérité, ces mammifères de pure race ardennaise, abattus il y avait près de cent ans quelque part dans la forêt, n'étaient qu'au nombre de cinq : une glace immense les doublait en même temps qu'elle rendait la pièce démesurée.

    Au pied d'un escalier gigantesque et ciré menant à l'étage, deux portes toujours closes : l'une ouvrait sur le petit salon où les De Parlier recevaient les visiteurs roturiers, meublé simplement d'une table basse et de deux fauteuils Louis XV ; l'autre donnait accès à la salle de jeux, peu fréquentée des châtelains qui n'avaient pas de temps à consacrer aux futilités.

    Les époux et l'enfant vivaient à l'étage. Là, il y avait d'abord un couloir haut aux parois sculptées et au bout duquel trônait une armure chatoyante. Puis, sous une voûte de tissus précieux, le couloir repartait en s'amincissant jusqu'à l'entrée de la pièce aux tableaux. Une vénitienne authentique du Giogione s'offrait aux premiers regards. Tel un rayon de soleil, elle tranchait fort sur les autres toiles que De Parlier appelait orgueil- leusement ses « petits riens originaux ».

    On remarquait également, sur le mur, une empreinte claire en forme de rectangle. Pendant une dizaine d'années, l'Épine Salvatrice y avait eu sa place, belle sur un fond de roses décomposées : c'était la toile d'Augustin, frère du châtelain. Déjà, ce dernier avait longuement hésité avant de la joindre aux autres, tellement il détestait l'art abstrait ; et s'il l'avait fait, c'était uniquement dans le but de contenter son proche parent. Mais un jour, nul ne savait pourquoi, il s'était mis en colère, avait arraché le tableau qui gisait maintenant en trois morceaux dans la cave, sous un tas de vieilleries. Et depuis, Félicien n'en finissait plus de s'irriter.

    - C'est l'épine qu'il eût fallu reléguer au second plan, criait-il, et la rose embellir ! Tout de même, avait-on encore un peu de bon sens ?

    Tandis que les pas résonnaient sur le plancher ciré, on apercevait, dans le prolongement de la galerie aux tableaux, un étroit corridor servant de musée. Il y avait là, tantôt accrochés au mur, tantôt fixés à des socles de bois, une multitude d'objets anciens : armoiries et drapeaux, armes et livrées princières. Et l'on comprenait mieux tout à coup, pourquoi le château avait eu une telle renommée durant tant de siècles !

    Presque instinctivement, l'attention se portait sur un grand rideau de velours rouge, écarté du bas par deux embases brodées à l'or fin et filtrant la lumière du jour. Derrière, face à la baie vitrée, Félicien De Parlier apparaissait ainsi qu'une statue de bronze. Assis à l'un de ses trois bureaux ministres exposés en demi-cercle, on ne voyait que son crâne d'airain et ses larges épaules couvertes d'une robe de chambre de couleur sombre.

    Penché sur un énorme manuscrit, Félicien rédigeait un journal de famille. D'une écriture fine toujours appliquée, chaque matin il y relatait les événements de sa vie. Aussi le drame de Mylène y figurait-il avec les moindres détails ; mais il avait tiré un trait sous ce chapitre.

    À heures régulières, la bonne apportait une tisane forte ou un carafon d'eau de source, selon l'humeur et l'inspiration du maître. Outre ce journal dans lequel ce dernier s'exprimait aisément à la première personne, il œuvrait à des romans pastoraux, nouant à plaisir des intrigues passionnelles où Dieu triomphait souvent dans une envolée quasi biblique. Dimanche dernier, à la sortie de la messe, il avait promis au maire qu'il entreprendrait bientôt l'historique de Vaubigny. Aussi, de temps à autre, délaissait-il ses ouvrages pour jeter à la dérobée sur son carnet de notes une idée, un détail susceptible d'enrichir le plan de son ouvrage futur. Ainsi occupé, il ne souffrait aucun dérangement. Quand il se sentait fatigué, la tête lourde, il se levait, parcourait la pièce de long en large, s'étirant et bâillant ; puis, comme saisi du mal de ceux qui ne tolèrent pas l'oisiveté, il prenait un livre parmi les quelques cinq mille volumes que comptait sa bibliothèque murale. Au hasard il l'ouvrait, ses yeux cherchant tout et rien, les tournures harmonieuses, les idées originales. Presque aussitôt il le refermait, le remettait en place avec une infinie délicatesse.

    Rien n'existait pour lui, en dehors de ses préoccupations d'écrivain égocentrique. A travers les vitres de la grande baie, les vallées de l'Audry et de la Naux n'étaient que toile de fond, tout comme la vie intense qui se tramait autour de lui, avec les allées et venues au château des amies de Madame. Depuis vingt ans il s'enfermait dix heures le jour, veillait quelquefois très tard. Pourquoi une telle solitude ? Goûtait-il, grâce à elle, aux douceurs éternelles de la contemplation ? Un quart de siècle s'était écoulé : son épouse subissait ce retranchement dont les vicissitudes seules atténuaient l'amertume.

    Aux heures de repas, l'air ailleurs, encore imbu de sa route toute blanche, De Parlier gagnait la salle à manger, s'y asseyait machinalement, ne dépliait même pas la serviette de table posée devant lui. Entre deux bouchées, il notait une réflexion, un mot sur son petit carnet vert aux feuilles écornées. Quand son épouse lui parlait, il répondait en retard ou ne répondait pas. Et le soir, dans la chambre, il méditait toujours, tandis qu'elle dormait depuis longtemps dans le second des lits jumeaux. Tous deux ne se connaissaient plus. Mais s'étaient-ils jamais connus ? Un accord tacite régissait leur destinée : respect du mâle, et discrétion en plus. Leur pauvre amour, s'il n'était pas la proie des rares tempêtes du sens, se révélait finalement platonique. Et chaque jour qui passe semblait même les éloigner davantage. Toutes les tâches qui, d'ordinaire, rapprochent les gens simples, la bonne les accomplissait pour eux, apportant le café, le thé à l'un ou l'autre, les avisant tour à tour dès que le bain était prêt, la table servie. Partout les De Parlier se fuyaient, leurs re- gards ne se croisant que par accident. Ils ne s'adressaient la parole qu'en cas d'absolue nécessité et sur des faits jugés au préalable essentiels. C'est ainsi que Madame De Parlier s'exprimait, d'une voix soumise :

    - Félicien, puis-je me permettre de vous demander?

    Elle le vouvoyait, puisque l'exigeait la particule de leur nom et l'orgueil de l'homme qui en avait le monopole.

    Ses repas achevés, Félicien s'isolait dans le parc. Quelques rares fois, il s'en allait à la ville confier à l'éditeur un manuscrit, une de ses innombrables œuvres d'imagination. Et pendant ce temps, la bonne débarrassait la table ; Madame De Parlier somnolait dans un fauteuil, rêvant à la vraie vie, au monde où l'homme n'a pas sombré dans le trafic des mots ni des choses.

    Malgré l'aphasie dont elle était affectée en toute circonstance, elle se passionnait pour les endroits inexplorés du château, s'y aventurant en cachette avec la frénésie d'une femme adultère, y passant de longues heures à rêvasser. Héroïne à sa manière, assise sur la pierre froide du donjon, elle aimait à défier d'un regard les vallées et l'infinitude des bois environnants. Son cœur battait alors, ô vengeance contre celui qui s'obstinait à vivre en égoïste. Se défoulant tout à coup, elle s'enfonçait dans les souterrains, dénouait les fantasmes de ses quarante et huit années de jeunesse déçue. Un homme l'emportait, venu tout de blanc vêtu du tréfonds des siècles ; elle croisait de beaux chevaliers en armure, frôlait la pâle et frêle silhouette de Mathilde de Laon. Des trompettes sonnaient ; des tambours scandaient une marche triomphante ; des fleurs émergeaient de partout, fleurs de lys... fleurs des champs. Et puis cela freinait en elle, comme une guillotine enrayée : Félicien devait être là, tout près ; Félicien qui tuerait son beau voyage quand elle sortirait de la tour.

    - Monsieur m'a-t-il demandé ? s'inquiéterait-elle auprès du jardinier.

    Et la réalité la reprendrait, lui soufflant au visage son goût amer de jours sans fin.

    Certes la naissance de Mylène, grâce à Dieu, avait transformé son existence ; et longtemps elle avait cru possible le renouveau de Félicien. Mais ce dernier - elle le comprit plus tard - eût eu trop à perdre en tempérant ses fougues intellectuelles. Le temps s'était donc écoulé, aussi stérile que par le passé.

    Félicien prétextait que l'éducation des enfants était affaire de femmes, surtout ici puisqu'il s'agissait d'une fille ; et que l'homme avait été conçu pour des desseins bien plus nobles. Quand Mylène eut disparu dans les circonstances que l'on sait, non seulement il n'en avait pas été trop consterné, mais il s'était vite retranché dans ses romans, s'y abrutissant chaque jour davantage. L'heureuse nouvelle de l'enfant retrouvée ne l'avait même pas fait exulter. Car l'éminent prosateur semblait aussi éloigné de ses proches que Dieu pût l'être du regard des païens.

    Mylène n'aimait pas qu'on l'appelle par son vrai nom ; aussi, lorsque De Parlier, avec sa fermeté habituelle, la forçait à se nommer, elle s'empourprait soudain, se fâchait :

    - Je m'appelle Nina Milet !

    De Parlier ressentait cela comme une injure.

    - Impossible cette gamine ! maugréait-il. Puis il partait en claquant la porte.

    Madame De Parlier, aussitôt accourue, s'apitoyait :

    - Ma pauvre petite. Ma chère enfant... disait-elle.

    Mylène ne refusait pas l'étreinte maternelle.

    - Tu t'ennuies, ma chérie ?

    - Oui... oh oui Madame !

    - Non... Nina, dis-moi maman ! Cela me fait trop mal. Ne suis-je pas gentille avec toi ?

    - Je veux mon papa... et c'est tout !

    Cela se terminait toujours ainsi.

    ***

    En plus des jouets choisis parmi les plus coûteux, Mylène avait la plus jolie chambre du château, avec une armoire en chêne massif, des tableaux japonais accrochés au mur, des rideaux argentés suspendus aux fenêtres. Son bureau, à l'initiative de Félicien, avait été fabriqué sur mesures ; et son prie-Dieu, choisi et requis par sa mère, était une merveille d'ébénisterie sur laquelle elle s'agenouillait flegmatiquement, sans foi. Dans son lit trop grand, on eût pu coucher aisément quatre filles de son âge. Hélas ! Toute cette grandeur facile la laissait indifférente. Elle s'ennuyait à mourir, pleurait sans raison apparente, s'emportait à la moindre plaisanterie. Et sa mère constatait avec inquiétude qu'elle dépérissait à vue d'œil.

    - Mange ! Fais un effort, ma chérie... répétait Madame De Parlier.

    Félicien, toujours sûr de lui, affirmait qu'il s'agissait d'un mal de jeunesse, et que cela lui passerait. Tout de même, Mylène avait un bien étrange comportement... Fallait-il donc qu'elle l'aimât, cet homme des bois !

    Partis en vacances, les De Parlier avaient été contraints de changer trois fois de région : la mer ne tirait pas l'enfant de ses rêves lointains ; la montagne lui donnait des nausées. Quant au zoo d'Anvers, recours ultime, il n'avait eu aucun succès. Ils étaient donc revenus et, depuis, le médecin les visitait souvent, généreux en diagnostics autant qu'en ordonnances. Tous espéraient encore en la vertu des potions.

    Mais bientôt Mylène ne parla plus. Si, jusqu'alors, elle avait osé se confier à sa mère et s'était obstinée à appeler son père « Monsieur » sur un ton glacé presque impertinent, maintenant elle desserrait à peine les lèvres. Était-ce une façon de se venger ? Se laissait-elle aller, corps et âme, à l'unique fin de protester ? On s'interrogeait vainement.

    Lui disait-on : N'es-tu pas bien chez nous ? Ta chambre te plaît-elle ? Veux-tu que nous la fassions transformer ? Une jolie poupée te ferait-elle plaisir ? A aucun moment son visage ne s'éclairait. Rien n'avait plus d'importance à ses yeux ; elle tournait le dos, s'éloignait en pleurant. Et lorsque sa mère se précipitait pour la consoler, Mylène en profitait pour réaffirmer sa volonté de retourner auprès d'Ursule.

    Durant les promenades, même mutisme : l'enfant s'en allait tête basse, songeuse. Une fois elle s'était enfuie et sa mère l'avait rattrapée de justesse.

    Pour manger, elle se montrait de plus en plus grossière. Un coude sur la table, le menton dans la paume de la main, elle regardait son assiette dédaigneusement. Si Félicien venait à lui faire de gros yeux, aussitôt elle saisissait sa fourchette et remuait les aliments avec rage. C'en était trop ! De Parlier se levait d'un bond et, sévè- rement :

    - Mylène ! lançait-il.

    Berthe intervenait alors, essayait de ramener sa fille à la raison ; mais cela finissait toujours par une assiette brisée.

    - Conduisez-moi cette effrontée dans sa chambre ! ordonnait Félicien.

    ***

    Les cheveux de Mylène étaient si longs qu'on avait dû faire un chignon. Seulement, ils ne supportaient pas cet emprisonnement, se dénouant sans cesse au point que De Parlier s'indignait :

    - Coupez-les-lui donc ! N'oubliez pas qui nous sommes ! Mais son épouse ne se serait jamais permise de couper d'aussi beaux cheveux.

    De toute évidence, Mylène ne s'habituerait jamais à cette vie nouvelle. Trop d'années s'étaient écoulées entre le rapt et les retrouvailles. Elle avait trop goûté aux joies de la liberté.

    Félicien s'entêtait à tort ; et Madame De Parlier, qui n'en était pas dupe, se disait en elle-même :

    « Pourquoi tant de rigueur ? La vie n'est déjà pas si belle... Et pourquoi toutes ces jolies phrases s'il n'y a pas l'amour entre nous ? Pourquoi, Félicien ? Est-ce donc l'immortalité que tu cherches dans tes œuvres ? Tu perds ton temps... Tes écrits, comme ta fortune, ne te suivront pas dans ta tombe. Et ta postérité t'oubliera... Surtout, ne me dis pas que tu y éprouves du plaisir : je te vois bien vivre... Ton humeur est toujours maussade. Oh ! va, tu souffres Félicien, et d'un drôle de cancer : l'orgueil ! Autrefois je t'ai admiré. Tu étais mon petit dieu. À présent, je sais... Oui, je sais. »

    « Ton honneur, ton nom ? »

    « Mais elle ne t'appartient pas, cette petite ! Si seulement tu consentais à m'écouter... »

    Pendant qu'il se gargarisait de sa prose, Berthe méditait. Certes, elle n'était pas systématiquement contre l'intellectualisme, encore qu'elle le jugeât trop souvent sujet à vanité ; loin de là... Tout lui paraissait tellement plus simple ! Car elle n'était ni aveugle, ni excessive en quoi que ce fût. Elle admettait que le travail fût vital, que l'oisiveté pût rendre l'honnête homme insatisfait ; mais de là à tout nier autour de soi... Non ! A ses yeux, il fallait qu'un tel asservissement servît à l'édification des autres en même temps qu'à soi-même, et non au trafic intrinsèque des mots. Là où le labeur se suffit à lui-même, le travailleur n'est rien de plus qu'un galérien. Quand De Parlier en aurait-il conscience ?

    Tout le monde le savait : il avait acheté la particule de son nom. “ Sur mes livres, cela aura meilleur effet ” avait-il pensé. Et des livres, il en écrivait à foison, toujours fier de son saint patronyme. Son style, piqué d'emphase et parfois ridicule, le vouait à être ignoré des lecteurs peu cultivés. Injuste à l'égard des « écrivaillons » qui ne jouissaient pas de l'avantage d'une rente annuelle, il disait :

    - Moi je cherche, au moins. Je ne prends pas tout ce qui me tombe sous la plume.

    C'était vrai qu'il se triturait les méninges, s'appuyant résolument sur le conseil de Boileau, à tel point que la vie manquait à ses compositions et que seule, la résonance des phrases - la musique, selon ses propres paroles - en égayait la trame. « Au diable le commun et sa facilité ! Je suis un écrivain, moi. Un vrai ! » Pendant ce temps-là, perdue parmi les masques, Mylène se sentait mourir à petit feu. Le soleil artificiel qui envahissait le château, cette magnificence froide qui eût fait pâmer bien des ignorants, la laissait absolument impassible.

    Une lueur pourtant dans cet univers clos : De Parlier cherchait à se rapprocher de Berthe. Dans la chambre conjugale, chaque soir, il se tournait discrètement vers elle, l'observant longuement. Étendue sur son lit, Berthe dormait. Alors, à regret, il se replongeait dans son Chateaubriand.

    N'avait-il plus foi en ses œuvres ? Ou n'était-ce qu'un mauvais passage, un accès de remords subit ?

    Souvent, obsédé, il s'interrogeait à propos de Mylène : « A-t-elle bien mangé aujourd'hui ? Combien pèse-t-elle maintenant ? » Et puis un soir, visiblement à bout, Félicien sauta de son lit, s'écria :

    - Ce manant n'aura donc jamais fini de nous torturer ?

    Madame De Parlier, qui ne dormait pas, sursauta.

    - Oh ! Félicien, puissiez-vous comprendre. Notre petite peut mourir...

    - Mourir ? Vous n'y songez pas.

    Il y eut un silence. Félicien était devenu grave. Un frisson lui parcourait le corps ainsi qu'une idée obsédante, tout à coup éveillée en lui par Berthe : « Si Mylène mourait vraiment ! »

    - Que faire ? dit-il.

    Ils se questionnaient du regard. Accoudée sur le lit, Berthe alors s'écria :

    - Accordons-lui une visite. Rien qu'une visite... de quelques minutes.

    Interloqué, Félicien avait lâché son livre.

    - Enfin, ma chère, auriez-vous perdu la tête ? Milet est un assassin. Jamais ma fille ne reverra ce monstre. M'entendez-vous ? Jamais !

    Tandis qu'elle s'enfonçait dans les draps jusqu'au cou, il bougonna, le nez sur son bouquin. Trois fois de suite il parcourut cette phrase pourtant explicite des « Mémoires d'outre-tombe » :

    Vous et “je”, nous avons peu d'argent ; mais nous sommes “content”. Nous sommes “ainci” à mon avis plus riches que tel qui a “un” tonne d'or, et il est.”

Chateaubriand « Les mémoires d'outre-tombe »

    - Jamais ! cria-t-il encore.