Critiques de « Sarkosy, israël et les juifs » (2009)

Par CC.RIDER le 6 nov. 2021

Contrairement à tous ses prédécesseurs (de Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand et dans une moindre mesure Chirac) qui gardèrent une attitude prudente et mesurée vis-à-vis d’Israël, Nicolas Sarkozy se montra plus qu’amical et même aligné sur les positions de l’état hébreu, ne trouvant par exemple rien à redire aux opérations militaires de Tsahal dans la bande Gaza. Pour la première fois ; il participa en personne au célèbre dîner du CRIF alors que tous les autres présidents avant lui se contentaient d’y envoyer leur premier ministre. « Dois-je rappeler l’attachement viscéral de tout Juif de France à Israël, comme une seconde mère-patrie ? » écrivait-il en 2004. Il fut également l’homme des réseaux américains : AJC (American Jewish Committee, 125 000 membres, 33 bureaux aux Etats-Unis, 8 dans le monde dont 6 en Europe, à Paris, Berlin, Bruxelles, Genève, Rome et Varsovie.) En retour, Sarkozy se retrouva proclamé « Lumière des Nations » pour son amitié dévouée envers les Etats-Unis, Israël et le peuple juif. Il reçut également « The Humanitarian Award » de la fondation Elie Wiesel.

Cet ouvrage est un essai bien documenté (une importante quantité de notes de bas de page en atteste) sur les positions tout à fait nouvelles introduites par Sarkozy dans les affaires étrangères de la France. Il présente également un grand nombre de personnages impliqués dans ces rapports en les citant longuement, les plus connus étant Bernard Henry Lévy, Alexandre Adler, Finkelkraut, Goldnadel et Glucksmann. Il répertorie et analyse nombre d’officines travaillant à améliorer les relations entre la France et Israël. De longs développements sont d’ailleurs consacrés au CRIF. Le lecteur trouvera également un chapitre portant sur la répression judiciaire subie par les opposants. Se pose bien sûr la question : l’antisémitisme est-il égal ou différent de l’anti-sionisme ? L’ensemble, bien que daté et plus trop d’actualité aujourd’hui, peut néanmoins demeurer intéressant ne serait-ce que du point de vue de l’histoire contemporaine et aussi pour comprendre l’évolution de la politique française et la logique du comportement de ce président d’un genre nouveau qui aimait qu’on l’appelle « l’Américain » et qui aurait également pu apprécier qu’on y ajoute « l’Israélien ».