Critiques de « Le rhin se jette dans le tibre » (1967)

Par CC.RIDER le 22 juin 2019

Les travaux préparatoires du Concile Vatican II consistèrent d’abord en une vaste collecte des réponses données par les prélats à un questionnaire envoyé par le pape Jean XXIII. Soit un total de seize gros volumes représentant près de 10 000 pages de lecture ! Lesquelles allaient d’ailleurs servir de bases aux travaux des diverses commissions. À l’appel du souverain pontife, 2200 prélats se retrouvèrent à Rome pour ce Concile qui se voulait œcuménique. Mais dès l’ouverture ce fut la foire d’empoigne pour obtenir les présidences des dites commissions. L’Allemagne, l’Autriche, la Hollande et pour une moindre part la France se taillèrent la part du lion au grand dam des prélats d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie. La Curie romaine se retrouva sur la sellette. Le Pape lui-même vit son autorité remise en question. On abandonna le latin et on systématisa la concélébration des messes. On aborda la question du statut des religieux, des laïcs, on chercha à mettre une sourdine sur le culte marial, etc. Les plus actifs partisans de l’œcuménisme furent les Jésuites et les Dominicains.

« Le Rhin se jette dans le Tibre » est un compte-rendu précis, presque heure par heure ou intervention après intervention ,d’un Concile qui fut lourd de conséquences surtout pour le catholicisme. Le lecteur remarquera que tous les efforts déployés pour séduire les « frères séparés », orthodoxes, protestants et même juifs ne furent guère payés de retour. Ces « minutes » illustrent parfaitement les difficultés qu’eurent les prélats à trouver des accords sur quasiment tout. Le bras de fer entre conservateurs et libéraux fut aisément gagné par ces derniers qui surent placer suffisamment de propositions floues ou ambiguës permettant la plupart des dérives qui se produisirent par la suite. Un document historique majeur, précis, référencé qui pourra être fort profitable au chercheur ou à l’amateur voulant en savoir plus sur cet événement capital. On passera sur la lecture un peu aride de ce texte.