A propos de « Crépuscule du tourment 1 » (2016 - Français) ajouté par zout le 6 juil. 2017    

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Roman

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Par zout le 6 juil. 2017

De nos jours, quelque part en Afrique subsaharienne, au Cameroun peut-être, quatre femmes s’adressent successivement au même homme : sa mère, la femme à laquelle il a tourné le dos parce qu’il l’aimait trop et mal, celle qui partage sa vie parce qu’il n’en est pas épris, sa sœur enfin.

À celui qui ne les entend pas, toutes dévoilent leur vie intime, relatant parfois les mêmes épisodes d’un point de vue différent. Chacune fait entendre un phrasé particulier, une culture et une sensibilité propres. Elles ont en commun, néanmoins, une blessure secrète : une ascendance inavouable, un tourment identitaire reçu en héritage, une difficulté à habiter leur féminité… Les épiphanies de la sexualité côtoient, dans leurs récits, des propos sur la grande histoire qui, sans cesse, se glisse dans la petite.

D’une magnifique sensualité, ce roman choral, porté par une langue sculptée en orfèvre, restitue un monde d’autant plus mystérieux qu’il nous est étranger… et d’autant plus familier qu’il est universel.

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Critiques  

Par zout  le 6 juil. 2017

Le destin de quatre Africaines autour desquelles gravite le même homme. Une écriture âpre, entêtante.

Quatre voix, quatre monologues — qua­tre mélopées ? — d'Africaines d'âges et de milieux divers aux prises avec la famille, le sexe, la douleur, le doute ; la féminité et la féminitude. En lutte, aussi, avec les traces de l'esclavage, du colonialisme, le passé et la modernité tout ensemble de leur continent. Ailleurs, à côté, ignorées, méprisées. Elles tentent de se raconter, de se définir et de se justifier face à l'homme qui les a fuies. Le même homme. Dio. Un symbole. Qu'il soit ici le fils, l'amant, le prétendant éconduit, le frère. Ces quatre femmes souffrantes mais aux âmes puissantes affrontent le même personnage, lâche et velléitaire. Que redoutait donc Dio pour refuser ainsi sa mère, appelée « Madame » comme chez Jean Genet, cette grande héritière et matriarche camerounaise, corsetée dans ses principes ancestraux ? Qu'est-ce qui le faisait désirer, et craindre aussi, la sauvage Amandla, activiste africaniste, dont on suit la mystérieuse et terrible initiation ? Et pourquoi a-t-il ramené d'Europe Ixora, qu'il n'épousera pas ? Pourquoi s'éloigne-t-il encore de sa soeur et du tragique passé qu'elle incarne ? De quels démons intérieurs se préserve Dio, de quelle hérédité masculine effroyable ? Historique, même.

Le dernier roman de la Camerounaise Léonora Miano est ambitieux. Il brasse confusément le politique et l'intime, le destin des femmes africaines trop rarement traité et le sacré, le mythologique, le religieux. Son quatuor, aux sonorités, aux timbres si différents distille une musique âpre et entêtante telle une incantation rituelle. L'auteure nous fait pénétrer dans un cercle féminin entre sorcellerie et sensualité, coups et blessures, secrets et confessions. Les mots s'embrasent, les corps s'abandonnent, les femmes aiment ou haïssent, font peur souvent, envoûtent toujours. Et nous entraînent dans l'obscurité de leur nuit... — Fabienne Pascaud Télérama

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