A propos de « Collines noires » (2013 - Français) ajouté par zout le 25 mai 2015    

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Par zout le 25 mai 2015

Paha Sapa – « Collines-Noires » – est un jeune Indien lakota. En ce jour de juin 1876, il n'a pu résister, et s'est mêlé à la bataille de Little Big Horn. Mais il a touché le corps d'un ennemi tombé au combat et, telle la morsure d'un crotale, son nagi – esprit – a pénétré en lui.

Aujourd'hui, Paha Sapa a 71 ans et cohabite toujours avec l'âme du général Custer. Son peuple a perdu ses terres, et les Wasichu – les hommes blancs – ont décidé d'ériger à leur propre gloire un monument colossal sur les collines Noires, le territoire sacré des Indiens. Ce sera le mont Rushmore.

À moins que Paha Sapa, dynamiteur sur le chantier, ne lave l'affront infligé aux siens...

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Critiques  

Par zout  le 25 mai 2015

Une conception de la notion d'auteur voudrait que la marque des grands réside dans le fait de peaufiner de livre en livre les mêmes thèmes et les mêmes figures de style. Dan Simmons en est l'exact opposé : il passe du thriller au polar, du récit d'enfance à la science-fiction, de la biographie romancée au fantastique. Avec Collines noires, l'un de ses livres les plus ambitieux, il se collette à la fois avec le roman historique et le western – et avec la naissance des Etats-Unis. Son héros, Paha Sapa, est un Indien Lakota. A 10 ans, lors de la bataille de Little Big Horn, il découvre son don : lorsqu'il touche la main d'un homme, il est envahi par l'esprit de celui-ci. Il l'expérimente avec le cadavre du général Custer et avec le chef sioux Crazy Horse, et devra dès lors vivre avec ces encombrants esprits...

Juxtaposant, par cette astuce magique, les pensées d'un Custer, plus subtil que son image historique, aux aventures de son héros engagé dans les grands travaux de l'Amérique en train de se bâtir, Simmons montre l'inéluctable écrasement d'une culture par une autre, rendant un hommage souvent bouleversant à l'univers des Indiens dont il intègre la vision du monde comme une donnée objective. Mettant en parallèle la magie des Sioux et celle des « mangeurs de graisse » (les Blancs), qui défient les lois de l'univers en érigeant gratte-ciels et ponts géants, il souligne aussi comment les civilisations se succèdent, se dévorant pour mieux se régénérer. Son refus du manichéisme fait tout le prix de ce roman qui, malgré quelques passages un peu scolaires, se dévore avec passion.

Hubert Prolongeau - Telerama n° 3334

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