A propos de « La deuxième vie d'aurélien moreau » (2013 - Français) ajouté par zout le 9 janv. 2015    

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Par zout le 9 janv. 2015

Rentrer du travail sans même se souvenir du trajet. Monter revérifier qu’on a fermé la porte à clé. Regarder l’heure, l’après-midi est déjà là, où est donc passé le matin ? Et le week-end dernier, on a fait quoi déjà, rien ? Instants multiples où nous n’étions pas là. Où nous cachions-nous alors, derrière combien de murailles, combien d’écrans, est-ce du temps définitivement perdu, celui qui n’a pas été vécu ?

Imaginons donc. Chez Aurélien ces absences s’étendent à toute sa vie. Il n’y est jamais, ne se souvient de rien, sauve quelques faits sur des carnets. Pourtant du dehors, Aurélien a l’air normal. Même trop normal pour être normal, commère-t-on parfois. Normopathe, finalement, rien ne dépasse et des mots blancs.

À moins qu’il n’y ait possibilité d’une deuxième vie, une chance cette fois d’y arriver. À naître dans son corps, sentir dans sa peau, à jouir, à goûter. À trouver une langue à soi pour pouvoir raconter. Il faudra quitter son existence ancienne, renoncer au calme film noir et blanc et muet. Risquer de tout perdre, habitudes et tranquillité, pour ne pas expirer avant l’heure.

Quitte, ou double.

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Critiques  

Par zout  le 9 janv. 2015

C'est une lente métamorphose, celle d'un coincé, un type maladivement fade, ponctuel, obéissant, « trop normal pour être normal » : un introverti que la vie terrifie. Le soir, il tient son journal afin de se « signaler [sa] présence à [lui]-même » et ne pas devenir fou. Aurélien Moreau est directeur adjoint d'une petite entreprise de province ; il doit son poste à son beau-père. Son fils, Marcellin, le compare au dodo, cet oiseau « aux ailes atrophiées, au bec crochu, au plumage triste », qui « ne sait pas voler ». Jusqu'au jour où la fermeture de l'usine est annoncée.

Roman social, avec suspense et happening ? Oui, pleinement - mais pas seulement. Tatiana Arfel, à qui l'on doit L'Attente du soir et Des clous (Corti, 2008 et 2010), fait preuve d'une maîtrise impressionnante de la langue, qu'elle sculpte et modèle à plaisir, à la manière d'un maître verrier. Récit à plusieurs voix, au début sec et drôle, le roman semble, un moment, parti pour traîner en longueur, avant de prendre son envol, se déployant, comme Aurélien Moreau le métamorphosé qui découvre, en même temps qu'il se libère, le « fleurissement des mots sorciers ». Tatiana Arfel signe un roman plein de fraîcheur, dont le style laisse admiratif.

La mue d'un introverti | Catherine Simon | Le MONDE 15 novembre 2013

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