A propos de « Des clous » (2010 - Français) ajouté par zout le 29 août 2013    

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Fait partie de la saga Attacher à une saga

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Roman

Résumés  

Par zout le 29 août 2013

" Le clou qui dépasse rencontre souvent le marteau"

Human Tools est une entreprise internationale de services spécialisée dans la mise en place de procédures pour d'autres sociétés. Ou plutôt : Human Tools vend du vent très cher, très côté en bourse et très discutable.

Catherine, Rodolphe, Francis, Sonia, Marc, Laura travaillent pour Human Tools. Ils en sont les clous, ils valent des clous : employés non conformes, allergiques à la cravate ou aux talons hauts, trop intelligents, trop étranges, rêveurs ou aimables, trop eux-mêmes, simplement.

Parce qu'ils cherchent à travailler bien, et non à cocher des cases pour statistiques, parce qu'ils souffrent de l'absence de reconnaissance, parce que la qualité totale les a rendus malades, ils sont inscrits par Frédéric, leur grand marteau, à un séminaire de remotivation dont ils ne connaissent pas la finalité réelle. Ils y seront poussés à rationnaliser leur temps, leurs corps, leurs émotions, leur espace du dedans. Ils cesseront peu à peu de penser et sentir, et ne s'en plaindront pas : d'autres attendent pour leur prendre la place et il y a le loyer à payer.

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Critiques  

Par zout  le 29 août 2013

Remarquée pour son émouvant premier roman, L'Attente du soir, patchwork de destins déchirés cousu de fils d'or, Tatiana Arfel revient avec un nouveau livre choral, encore plus éclaté, encore plus douloureux. Après s'être intéressée au rapiècement des enfances brisées, cette romancière psychologue ramasse cette fois les débris d'humains laminés par la vie en entreprise. Sa désespérance innerve son écriture, devenue rageuse et robotique, là où elle était planante et féerique dans son premier opus. Tatiana Arfel prend le pouls des salariés de Human Tools (littéralement bien nommés Outils humains), piteuses têtes de pioche chargées de participer à la « conception, pour chaque matter rencontré par les dirigeants d'aujourd'hui, de procédures "to the point" selon ses propres patterns rationnels et standardisés, alliant rigueur expérimentée, costcontainment et l'inimitable french touch ».

Alternant les monologues des employés comme autant de plongées en apnée dans les cerveaux affolés, le livre sidère par la force physique qu'il dégage. Tatiana Arfel a le sens des corps, et vibre au rythme des signes extérieurs de psychosomatisation. Une cravate qui donne de l'eczéma, des chaussures à talons qui torturent (« Je respirais un grand coup, j'y allais, je mettais mes sparadraps aux endroits où ça frotte et où j'avais eu des plaies et des ampoules et des cloques. Mais après je gâchais tout, je me levais et c'est comme si quelqu'un me soulevait par les cheveux et me tenait là, pour toute la journée... »), des fauteuils qui tassent les vertèbres : tout n'est que torture dans la vie professionnelle de ces pantins aspirés par la peur de disparaître et dépossédés de tout instinct de révolte. Tatiana Arfel parvient à les réanimer par la grâce d'un vent coulis qu'elle insuffle dans ses pages, et qui les fait onduler comme des herbes hautes sous la brise.

Marine Landrot .Télérama

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